Valérie Bègue : "Ma vie après miss France"
Deux mois après avoir rendu sa couronne, Valérie Bègue a une actualité aussi chargée que durant son règne de Miss France. Fidèle à ses désirs, la jeune femme s'apprête à suivre des cours de théâtre dans l'espoir de faire carrière à la télé ou au cinéma. Plus mûre, plus sûre d'elle aussi, la Réunionnaise a relégué l'épisode “Geneviève” au rang des souvenirs. Mais garde un ½il sur ses détracteurs...
Quel est votre quotidien depuis que vous avez rendu votre couronne le 6 décembre dernier ? Êtes-vous toujours autant sollicitée ? Après l'élection, j'ai pris du recul pour penser à mon avenir. Mon année de miss a été si riche, que j'avais besoin de temps pour respirer, me ressourcer et repartir de bon pied. Je ne mène plus la folle vie de Miss France, mais je suis toujours sollicitée dans les régions de France, lorsque la nouvelle miss ne peut pas se déplacer. Je fais des défilés, je participe aux soirées régionales, je donne des autographes... Il était important pour moi de ne pas perdre le contact avec le public, même après avoir rendu ma couronne. Mon rêve est de faire carrière à la télé ou au cinéma, mais je veux rester proche des gens.
Justement, où en êtes-vous dans vos projets télé et cinématographiques ? Pour l'instant, je m'informe sur tout ce qui se passe en métropole. Je m'entoure de personnes du milieu, je me fais conseiller... Il faut procéder par étape. Dès le mois prochain, je prendrai des cours de théâtre dans une salle parisienne. Je prends mon temps, car je n'ai pas envie de me louper. Je sais que tout le monde m'attend au tournant. J'ai déjà refusé deux contrats d'animation à la télé, justement pour pouvoir m'impliquer dans ce que je fais.
Quelles chaînes ont essayé de vous avoir dans leur équipe ? Je préfère ne pas vous dévoiler leur nom... Sachez seulement que j'ai quelques projets dans ce milieu. Je suis actuellement en relation avec une boîte de production pour réaliser de nouveaux concepts télé.
En décembre dernier, vous avez raté l'élection de Miss France 2009 pour participer à un casting aux États-Unis. Avez-vous eu des nouvelles, depuis ? Non, mais je ne suis pas déçue pour autant. C'était mon tout premier casting, même en France je n'en avais jamais passé. J'avais de l'espoir, mais je ne m'attendais pas à être sélectionnée aussi vite. Ça ne peut pas marcher au premier coup. J'ai participé récemment à un épisode de la série Seconde chance. C'était une belle expérience, mais je ne suis pas née avec un don pour la comédie. Je dois travailler si je veux être prête pour les prochains castings.
La nouvelle miss France, Chloe Mortaud, se trouve à son tour au c½ur d'une polémique. Quelques miss régionales contestent en effet son sacre. Quel regard portez-vous sur cette histoire ? Je trouve ça triste. J'ai l'impression que Miss France est devenue le sujet people à polémique. Je connais Chloé et je peux vous assurer qu'elle est bien loin de l'image que lui prêtent les médias. Elle est simple, gentille et elle a envie de profiter de son année de miss en toute sérénité. En ne réagissant pas à la polémique, elle adopte la bonne attitude. Ayant moi-même traversé une période difficile, je me sens proche d'elle et je sais ce qu'elle ressent. Je la conseille du mieux que je peux, sans en faire trop pour ne pas lui causer de problèmes avec le comité Miss France. Moi aussi, j'aurais aimé être entourée par les anciennes miss quand j'ai été prise dans la tourmente l'année dernière. Je n'ai pas bénéficié du soutien des autres filles. Je ne leur en veux pas de m'avoir laissée à l'écart, car elles auraient pu souffrir de cette amitié avec moi. Mais aujourd'hui je veux montrer à Chloé que je suis présente pour elle.
Votre prédécesseur, Rachel Legrain-Trapani n'a pas été tendre avec vous. En posant en petite tenue dans le magazine Entrevue, elle a avoué prendre des cours de théâtre et a déclaré “Je veux y arriver par le travail, pas grâce à mes fesses” comme Valérie Bègue. Comment avez-vous pris cette attaque ? Au départ, j'ai très mal pris ses propos. Ce n'était pas cool vis-à-vis de moi et ça manquait de classe. De plus, je trouve qu'elle aurait été mieux mise en valeur dans un autre support qu'Entrevue. J'ai eu une petite explication avec elle. Je ne suis pas du genre à rester sur une colère. Quand j'ai un problème, je préfère en parler et passer à autre chose. Nous nous sommes dit ce que nous avions à nous dire. Nous ne sommes pas devenues les meilleures amies du monde, mais nous ne sommes pas non plus ennemies. Et lorsque nous nous croisons, nous faisons en sorte que tout se passe pour le mieux.
Geneviève de Fontenay connaît de nouveaux démêlés avec la justice pour avoir publiquement traité une ancienne miss France de “salope”. Cette histoire vous amuse-t-elle ou au contraire vous attriste-elle ? Sa vie ne m'intéresse pas, Geneviève, je l'ai zappée... Mais s'il faut donner un avis, disons qu'elle mérite ce qui lui arrive. On ne peut insulter impunément les gens sans assumer les conséquences. La roue tourne toujours et on doit tous faire face à nos erreurs, à nos comportements... Chez elle, elle fait et dit ce qu'elle veut, mais pas en public. Il est normal qu'elle rende des comptes pour ce dérapage verbal. Elle attend de ses miss France qu'elles soient irréprochables et qu'elles véhiculent de bonnes manières. Il faudrait peut-être qu'elle commence par montrer le bon exemple.
Concernant votre bataille juridique, vous avez gagné en appel contre le magazine Choc qui a publié des photos sexy de vous juste après Entrevue. Est-ce important d'être reconnue victime ? Je suis heureuse d'être enfin reconnue victime par la justice, mais ce procès en appel, je l'ai remporté depuis quelques semaines déjà. Je n'ai pas communiqué sur le sujet, car je ne voulais pas relancer la polémique. Cette victoire était personnelle. Crier mon triomphe sur tous les toits n'aurait fait que rajouter une couche sur l'histoire des photos. À présent, je veux la paix.
On prétend que vous songez aussi à attaquer la chaîne M6... Il y a quelques semaines, la chaîne a consacré un sujet sur Geneviève de Fontenay dans l'émission 100 % mag et a diffusé les photos de moi parues illégalement dans le magazine Entrevue. Quand j'ai vu ça, j'ai été complètement abasourdie. J'ai trouvé ça déplacé, indélicat et ridicule. On peut parler de la polémique, mais sans montrer les images, d'autant qu'Entrevue a été condamné pour ça. J'ai conscience qu'un nouveau procès ne ferait qu'entretenir la polémique. Mais si je ne fais rien, je ne me ferais pas respecter. Je ne sais pas encore ce que je vais faire. De toute façon, je ne prendrais aucune décision sans en avoir parlé avec mon avocat.
L'année dernière, vous avez assuré que vous reverseriez l'argent des procès à des ½uvres caritatives. Est-ce toujours le cas ? Bien sûr ! Les 15 000 euros versés par Entrevue m'ont servi à payer les frais d'avocat. L'argent que je récolterai du magazine Choc sera versé à l'association Vaincre la mucoviscidose à La Réunion. Je préfère donner cet argent à une antenne locale et non nationale, car La Réunion a pâti elle aussi de la polémique autour des photos volées. Cet argent appartient plus à mon île qu'à moi-même.
Quand vous reverra-t-on à La Réunion ? Je ne suis pas rentrée dans l'île depuis le Raid amazone en novembre et je commence à étouffer en métropole. J'espère pouvoir rendre visite à ma famille la semaine prochaine. J'ai conscience de la chance que j'ai de vivre à Paris et de pouvoir ouvrir des portes qui me sont inaccessibles à La Réunion, mais mon île me manque cruellement. Il y a quelques jours, j'ai fait le tour des boutiques uniquement pour trouver des bouchons. Quand je suis tombée sur les sachets Asia Food, j'ai failli pleurer de joie, tellement j'étais heureuse. À Paris, je me suis constitué un réseau d'amis réunionnais et quand nous nous retrouvons, nous organisons des petites soirées créoles. Nous mangeons et nous parlons plus créole que quand nous sommes à La Réunion. J'ai besoin de ça, de sentir mon île, même lorsque je suis loin, c'est une question de survie.
Samedi dernier, c'était la Saint-Valentin. Nous savons que vous avez rompu avec votre ami de La Réunion il y a quelques mois. Vous êtes-vous trouvé un nouvel amoureux depuis ? (Rires) Je n'aime pas trop parler de ma vie privée... Mais pour tout vous avouer, j'ai passé la Saint-Valentin avec deux copines réunionnaises, dont Stéphanie Tapé, ex-Miss Réunion, et nous avons fêté la “contre-Saint-Valentin”. Ça s'est passé chez moi, dans mon nouvel appart. C'est justement ce soir-là que nous nous sommes fait une soirée bouchons. J'aurais préféré manger un bon cari, mais je n'ai pas encore installé les plaques chauffantes pour la cuisine. Dès que ce sera fait, je me lâcherai sur les petits plats. Là, comme ça, je rêve d'un civet zourites !
Propos recueillis par Nathalie Techer